La crise turque

La Turquie traverse actuellement une nouvelle crise qui génère une forte dépréciation de sa monnaie, la livre turque (TRY). Entre janvier et août 2018, elle a ainsi perdu 40% de sa valeur.

Pour rappel, la Turquie, pays émergent du Moyen-Orient, est la 17ème puissance économique mondiale. Elle a connu une forte croissance, 7,4% en 2017, mais son taux de chômage proche de 10% et son inflation avoisinant les 16% soulignent les problèmes structurels du pays et expliquent le déficit de ses comptes courants qui ne cesse de s’accumuler.

Bien qu'économique, cette crise a des causes fondamentalement politiques car amorcée par un conflit diplomatique entre Washington et Ankara. Début août, les Etats-Unis de Donald Trump ont en effet imposé des sanctions contre le gouvernement Erdogan pour protester contre l’emprisonnement d’un pasteur américain, Andrew Brunson, accusé d’espionnage et d’activités terroristes par la Turquie. Ankara a alors répliqué avec des mesures similaires.

Un tel conflit entre deux membres majeurs de l’OTAN, le plus important depuis plus de 40 ans, a effrayé les investisseurs internationaux et provoqué une chute de la livre turque face au dollar au cours des dernières semaines. Ainsi, le 10 août dernier, déjà baptisé « vendredi noir » par certains économistes, a vu la livre turque perdre 19% de sa valeur face au dollar. Cette descente aux enfers a été fortement influencée par un tweet de Donald Trump, qui annonçait un doublement des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs à hauteur de respectivement 50% et 20%.

Cette incertitude au niveau des marchés n’est pas aidée par les positions « bien à lui » du président turc Recep Tayyip Erdogan, réelu pour 5 ans en juin dernier, sur la politique monétaire de son pays. Il s’affirme en effet convaincu qu’abaisser les taux d’intérêt fait baisser l’inflation et impose donc à sa banque centrale de ne pas relever ses taux, posture qui ne manque pas de surprendre les marchés. Il a également remplacé son ancien vice-Premier ministre Mehmet Simsek, figure respectée et appréciée des marchés, par son gendre Berat Albayrak qu’il a nommé ministre du Trésor et des finances. Or, l’inexpérience de ce dernier avait déjà effrayé les marchés, sa seule nomination ayant provoqué une chute de 3,5% de la livre turque.

Afin de rassurer les investisseurs, la banque centrale turque annonçait lundi une série de mesures destinées à faciliter les liquidités, sans pour autant communiquer de taux.

Autre point positif pour la Turquie, sa monnaie nationale étant faible, les produits turcs présentés à l’exportation deviendront plus compétitifs, ce qui est à prendre en considération lorsque l’on s’intéresse à ce marché.

Par ailleurs, Ankara tente de se tourner vers de nouveaux pays partenaires. Le président Turc s’est ainsi entretenu avec la chancelière allemande, le président français et l’émir du Qatar qui s’est rendu en Turquie pour lui apporter son soutien, notamment financier à hauteur de 15 millions de dollars.

Pendant la majeure partie de la semaine, les marchés seront fermés pour l'Aïd al-Adha. Cependant, une crise monétaire résultant du fossé diplomatique grandissant entre Washington et Ankara n’est pas à exclure. Elle déstabiliserait par effet boule de neige la monnaie unique ainsi que les devises des pays émergents.

Nous l’avons vu, actuellement, les tensions commerciales et politiques régulent les marchés au même titre que les indicateurs économiques majeurs. C’est pourquoi, analysant et anticipant en permanence leurs impacts directs sur les devises, RationalFX s’impose comme le meilleur partenaire pour vous accompagner dans vos transactions et optimiser vos paiements internationaux, offrant à tous les types de structures un suivi continu et adapté.